... Index du Forum

...
Lieu de diffusion et de discussion autour de toutes les pratiques liées à l'écriture.

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

les paumes brûlées

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    ... Index du Forum -> ECRITURE, etc. (C'est l'endroit où poster vos textes, mais aussi vos images, sons, vidéos, etc. ; c'est aussi l'endroit où les commenter) -> Salon général
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
coryzaster



Inscrit le: 02 Avr 2015
Messages: 85

MessagePosté le: 15/04/2015, 22:24    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
...... Numéro un bis, avenue de Stalingrad, cité Allende, la tour bleue, au treizième, je sais même plus le numéro de porte. Ce que je sais encore doit être gravé là quelque part. Le corps se souvient il paraît. J'ai vécu là-dedans dix ans jusqu'à mes treize ans où l'on a déménagé. C'est un jour spécial le déménagement. Comme un réveil. C'est donc là que j'ai vécu ! Toutes les secondes entassées là, je les voyais pas passer. Je voyais les murs vides et tout m'apparaissait. J'ouvrais les yeux sur un espace cube dans lequel je tournais en rond en vivant. C'est la particularité de certains appartement. Certains sont même dits traversant. C'est dire que tu peux traverser ta vie là en vivant. Le jour du départ donc c'est comme une mort. Tu te dis que tu reviendras jamais plus là. ça te fait apprécier d'un coup le moment présent, ou du coup le moment futur car tu ne vivras plus dans ce lieu qui pour toi était un enfer, mais tu t'empêchais de le voir, ça le corps ou l'esprit sait faire. Faire semblant de ne pas voir. Mais ce que tu sais pas encore c'est que de ce lieu, tu vas en rêver toute ta vie, car c'est là qu'elle s'est construite ta vie.
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Écrivable



Inscrit le: 26 Jan 2015
Messages: 215

MessagePosté le: 15/04/2015, 22:47    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

et hop je fais remonter
Revenir en haut
coryzaster



Inscrit le: 02 Avr 2015
Messages: 85

MessagePosté le: 16/04/2015, 20:43    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

..... Doté de supers pouvoirs, me voilà en train d'emprunter les voies souterraines. Les canalisations m'entraînent en haut, dans l'appartement d'un immeuble qui ressemble fort à l'immeuble où je vis. Mais qu'est-ce que je fais ici ? Je me sauve vite fait en empruntant le chemin le plus rapide. J'enjambe la fenêtre et je m'agrippe aux aspérités de la façade dont les carreaux tombent. Je regarde en bas. J'ai à peine le vertige. Cela me semble tellement facile après tout. Pourquoi je ne l'ai pas fait avant ? Je sais, parce que tout ça n'est qu'un rêve. Souvent je rêve de grands espaces. Je suis poursuivi et je cours. Cette fois je tentais de m'échapper par la façade d'un immeuble, un peu comme les Yamakasi, sorte de samouraïs des cités de banlieue.
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
eric
Invité





MessagePosté le: 17/04/2015, 09:27    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

Revenir en haut
coryzaster



Inscrit le: 02 Avr 2015
Messages: 85

MessagePosté le: 17/04/2015, 22:49    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

...... Y a des connexions dans ma tête, qui se font le jour et la nuit dans les rêves. Et je me demande pourquoi ces mêmes rêves dans ces mêmes espaces, en particulier cet appartement, me reviennent toujours. J'en viens à croire que cet appartement est dans ma tête, une image mentale indélébile. Je m'efforcerai de le décrire pour comprendre ce qui se passe là-dedans. Je suis pas sorti de l'auberge comme on dit ! D'abord imaginons le contexte urbain : d'un côté la grande avenue, de l'autre le parking, de l'autre le maillage des rues, et enfin du quatrième côté du cube, un ensemble de barres comme on en voit partout dans le quartier appelé cité. En interpolant du point de vue de l'appartement cela donne : d'un côté l'entrée, de l'autre les chambres, de l'autre le séjour et enfin du dernier côté un mur aveugle, la cuisine ouverte donnant sur le séjour donne accès à une pièce aveugle qui conduit à l'entrée, vous êtes tombés sur la case "Retournez à la case départ" ! Enfin si je continue ce processus internalisant sur ma cervelle de moineau : d'un côté ma naissance, de l'autre mon enfance et adolescence dans un univers semi-protégé, de l'autre ma vie adulte, en pleine lumière, et enfin ma petite ou grande mort aveugle retour vers le néant, vous êtes mat, le roi est mort, vive le roi !
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
coryzaster



Inscrit le: 02 Avr 2015
Messages: 85

MessagePosté le: 19/04/2015, 20:45    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

...... Une fois encore j'ai failli mettre de côté ce corps qui est nié, peut-être aussi aliéné. Je reviens un peu où la parole directe m'a entraîné hier. Oui j'ai un corps qui a vécu dans cet appartement dans cette cité de banlieue. De ces trois dimensions mises en parallèles, j'en tire une grille d'évaluation commençant en un, par tous les orifices, véritables entrées du corps physique, et symboles pour le moins parlants; ensuite en deux, ce qui a trait à la croissance pendant les phases critiques de l'enfance et de l'adolescence; en trois, les accidents, transformations et maladies du corps, les expériences extra-sensorielles s'il en existe; et enfin en quatre, les orifices par lesquels le corps expulse, extrait, éjecte, avec associés les sentiments de perte, de vieillissement, et bien entendu de mort. Quel programme réjouissant à en vomir ! Il n'est pas certain que je le suive tel un programme de régime alimentaire, mais je crois que l'écriture de ce roman m'y conduit inéluctablement. Qui suivra, verra.
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
coryzaster



Inscrit le: 02 Avr 2015
Messages: 85

MessagePosté le: 20/04/2015, 22:28    Sujet du message: prologue Répondre en citant

Prologue

...... Numéro un bis, avenue de Stalingrad, cité Allende, la tour bleue, au treizième, je sais même plus le numéro de porte. Ce que je sais encore doit être gravé là quelque part. Le corps se souvient il paraît. J'ai vécu là-dedans jusqu'à mes treize ans où l'on a déménagé. C'est un jour spécial le déménagement. Comme un réveil. C'est donc là que j'ai vécu ! Toutes les secondes entassées là, je les voyais pas passer. Devant moi les murs vides et les moindres détails m'apparaissaient. J'ouvrais les yeux sur un espace cube dans lequel je tournais en rond en vivant. C'est la particularité de certains appartements. Certains sont même dits traversant. C'est donc dire que tu peux traverser ta vie là en vivant. Le jour du départ donc c'est comme une mort. Tu te dis que tu reviendras jamais plus là. Ça te fait apprécier d'un coup le moment présent, ou du coup le moment futur car tu ne vivras plus dans ce lieu qui pour toi était un enfer, mais tu t'empêchais de le voir, ça le corps ou l'esprit sait faire. Faire semblant de ne pas voir. Mais ce que tu sais pas encore c'est que tu vas rêver de ce lieu toute ta vie, car c'est là qu'elle s'est construite ta vie.

..... Doté de super pouvoirs, me voilà en train d'emprunter les voies souterraines. Les canalisations m'entraînent en haut, dans l'appartement d'un immeuble qui ressemble fort à l'immeuble où je vis. Mais qu'est-ce que je fais ici ? Je me sauve vite fait en empruntant le chemin le plus rapide. J'enjambe la fenêtre et je m'agrippe aux aspérités de la façade dont les carreaux tombent. Je regarde en bas. J'ai à peine le vertige. Cela me semble tellement facile après tout. Pourquoi je ne l'ai pas fait avant ? Je sais, parce que tout ça n'est qu'un rêve. Souvent je rêve de grands espaces. Je suis poursuivi et je cours. Cette fois je tentais de m'échapper par la façade d'un immeuble, un peu comme les Yamakasi, sorte de samouraïs des cités de banlieue.

...... Y a des connexions dans ma tête, qui se font le jour et la nuit dans les rêves. Et je me demande pourquoi ces mêmes rêves dans ces mêmes espaces, en particulier cet appartement, me reviennent toujours. J'en viens à croire que cet appartement est dans ma tête, une image mentale indélébile. Je m'efforcerai de le décrire pour comprendre ce qui se passe là-dedans. Je suis pas sorti de l'auberge comme on dit ! D'abord imaginons le contexte urbain : d'un côté la grande avenue, de l'autre le parking, de l'autre le maillage de rues et pavillons, et enfin du quatrième côté du cube, un ensemble de barres comme on en voit partout dans le quartier appelé cité. En interpolant du point de vue de l'appartement cela donne : d'un côté l'entrée, de l'autre les chambres, de l'autre le séjour et enfin du dernier côté un mur aveugle, la cuisine ouverte sur le séjour donne accès à une pièce aveugle qui conduit à l'entrée, vous êtes tombés sur la case "Retournez à la case départ" ! Enfin si je continue ce processus intériorisant sur ma cervelle de moineau : d'un côté ma naissance, de l'autre mon enfance et adolescence dans un univers semi protégé, de l'autre ma vie adulte, en pleine lumière, et enfin ma petite ou grande mort aveugle retour vers le néant, vous êtes mat, le roi est mort, vive le roi !

...... Une fois encore j'ai failli mettre de côté ce corps qui est nié, peut-être aussi aliéné. ( Je reviens un peu où la parole directe m'a entraîné hier.) Oui j'ai un corps qui a vécu dans cet appartement dans cette cité de banlieue. De ces trois dimensions mises en parallèles, j'en tire une grille d'évaluation commençant en un, par tous les orifices, véritables entrées du corps physique, et symboles pour le moins parlants; ensuite en deux, ce qui a trait à la croissance pendant les phases critiques de l'enfance et de l'adolescence; en trois, les accidents, transformations et maladies du corps, les expériences extra-sensorielles s'il en existe; et enfin en quatre, les orifices par lesquels le corps expulse, extrait, éjecte, avec associés les sentiments de perte, de vieillissement, et bien entendu de mort. Quel programme réjouissant à en vomir ! Il n'est pas certain que je le suive tel un programme de régime alimentaire, mais je crois que l'écriture de ce roman m'y conduit inéluctablement. Qui suivra, verra.
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Noyautier



Inscrit le: 21 Fév 2015
Messages: 52

MessagePosté le: 21/04/2015, 09:31    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

J'aime bien, c'est intrigant. Je comprends ton envie de partager le rêve du deuxième paragraphe, mais si tu l'enlèves, cela ne nuit pas au reste. En même temps si tu le gardes, tu peux l'intégrer au premier en changeant l'ordre de présentation. Commencer par ce rêve sans trop surligner le fait que c'est un rêve pourrait créer un effet encore plus intrigant. Je pense que tu as moyen de fusionner et d'épurer en fonction des infos que tu veux donner sans perdre l'essence de ton texte. Ce sont des remarques personnelles à prendre ou à laisser. Après, chacun utilise les répétitions comme il veut, le mot appartement apparait 6 fois dans ce prologue. Merci, en tous cas, J'attends la suite.
    
Revenir en haut
local loop
Invité





MessagePosté le: 21/04/2015, 10:47    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

les paumes brûlées
ce besoin brûlant d'écrire
les mains brûlent
et les pommes cuites au four
dans cette cité banlieue rouge
rue Allende
une nostalgie
me rappelle un vieil oncle qui vivait à Ivry/Seine
la grande époque du productivisme communiste
et le gymnase Pablo Neruda
rue Maurice Thorez
construction d'espace
le besoin d'en sortir
et de s'enfermer
et d'y retourner
dans cet espace mastoc et cloisonné
spoutnik pouponnière
kitsch soviétique
des années 70
il fait chaud dans les cités
et puis en bas des étages le bac à sable
la plage
sur une chaise en formica
où tonton lit l'huma
en sandales plastique
Revenir en haut
coryzaster



Inscrit le: 02 Avr 2015
Messages: 85

MessagePosté le: 21/04/2015, 19:07    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

je vous invite aussi sur ce topic pour échanger sur mes notes d'intention :
http://ecriture.leforum.eu/t362-La-terre-nous-en-apprend-plus-long-sur-nous…
--

merci c'est très perspicace

Noyautier a écrit:
J'aime bien, c'est intrigant. Je comprends ton envie de partager le rêve du deuxième paragraphe, mais si tu l'enlèves, cela ne nuit pas au reste. En même temps si tu le gardes, tu peux l'intégrer au premier en changeant l'ordre de présentation. Commencer par ce rêve sans trop surligner le fait que c'est un rêve pourrait créer un effet encore plus intrigant. Je pense que tu as moyen de fusionner et d'épurer en fonction des infos que tu veux donner sans perdre l'essence de ton texte. Ce sont des remarques personnelles à prendre ou à laisser. Après, chacun utilise les répétitions comme il veut, le mot appartement apparait 6 fois dans ce prologue. Merci, en tous cas, J'attends la suite.

--

j'aime bien paumes/pommes
quelques millimètres en plus d'ouverture de bouche/objectif
et la vision devient sucrée
merci
bel hommage à l'oncle

local loop a écrit:
les paumes brûlées
ce besoin brûlant d'écrire
les mains brûlent
et les pommes cuites au four
dans cette cité banlieue rouge
rue Allende
une nostalgie
me rappelle un vieil oncle qui vivait à Ivry/Seine
la grande époque du productivisme communiste
et le gymnase Pablo Neruda
rue Maurice Thorez
construction d'espace
le besoin d'en sortir
et de s'enfermer
et d'y retourner
dans cet espace mastoc et cloisonné
spoutnik pouponnière
kitsch soviétique
des années 70
il fait chaud dans les cités
et puis en bas des étages le bac à sable
la plage
sur une chaise en formica
où tonton lit l'huma
en sandales plastique
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
coryzaster



Inscrit le: 02 Avr 2015
Messages: 85

MessagePosté le: 22/04/2015, 23:31    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

..... C'était en 3015. Je venais de mettre à jour le journal de time-blog qui me servait de moyen d'échange avec la communauté de la Société Coryzaster qui assura avant la Navalpodcast, puis Space-France, la colésion thermo mécanique TM-747. Là je reprenais le métier. A mon tour, comme mes amis et collègues virtuels, je revenais d'une hospitalisation obligatoire, avant d'avoir l'honneur de postuler pour la conduite de la solar-screen. Essais de navigation, déplacements thermo mécaniques, tristes leçons de piano en direct du conservatoire de musique. Nous vivions dans la crainte des réveils en sursaut provoquant la coryza, que nous ne connaissions pas encore, et dans le respect des gardiens de l'Ordre qui veillaient à la qualité des transmissions. - fin de transmission -
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Noyautier



Inscrit le: 21 Fév 2015
Messages: 52

MessagePosté le: 23/04/2015, 11:19    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

Cette propulsion SF de ouf :D
Revenir en haut
coryzaster



Inscrit le: 02 Avr 2015
Messages: 85

MessagePosté le: 22/02/2016, 23:47    Sujet du message: les paumes brûlées Répondre en citant

coryzaster a écrit:
Posté le: 27/05/2015, 11:15 :


7. C'est un jour spécial le déménagement. Comme un réveil. Toutes les secondes entassées là, je les avais pas vues passer. Maintenant devant moi les murs vides et les moindres détails m'apparaissaient. 1. L'habitude, l'insouciance, la naïveté, la confiance, la négligence, l'inattention, tout ceci a pu contribué à l'accident que j'ai eu il y a peut-être 7 mois. Facile à vérifier. Je m'en suis sorti avec un gros bleu et une grosse frayeur. Pendant quelques jours j'ai bien bien scruté la route avant de traverser au coin de ma rue, la peur au ventre. 10. On ne bouge plus. On se souviendra que la prochaine fois, on se fera pas avoir par l'habitude. Maintenant chaque seconde d'attention compte. Du coup tu vas apprécier le moment futur car tu ne vivras plus dans ce lieu qui pour toi était un enfer. 4. En France comme dans le reste de l’Europe, le premier choc pétrolier marque la fin d’une période de forte croissance qui durait depuis la fin de la seconde guerre mondiale. 11. Mais tu sais pas encore que de ce lieu, tu vas en rêver toute ta vie. C'est là, en cette période, qu'elle s'est construite ta vie. 3. Je fais partie des soixante-quinze mille six-cent quatre-vingt-dix-huit personnes nées en France en juin 1972. A part le mois de juillet qui a suivi et les mois de mars, avril, mai de 1973, il n'y a plus eu autant de naissances dans un mois, jusqu'à aujourd'hui. 12. Je me demande pourquoi ces mêmes rêves dans ces mêmes espaces, en particulier cet appartement où j'ai grandi, me reviennent toujours. J'en viens à croire que ce lieu est dans ma tête, une image de ma construction mentale, indélébile. 6. Numéro un bis, avenue de Stalingrad, cité Allende, la tour bleue, au treizième, je sais même plus le numéro de porte. J'ai vécu là-dedans jusqu'à mes treize ans où l'on a déménagé. 13. Dans le contexte urbain il y a d'un côté la grande avenue, de l'autre le parking, de l'autre le maillage de rues et pavillons, et enfin du quatrième côté de la tour cubique, il y a un ensemble de barres comme on en voit partout dans le quartier appelé cité. 5. Etant donné que le spermatozoïde peut mettre quelques jours avant d'atteindre l'ovule, j'imagine que ma vie a commencé dans les airs, dans un avion de la compagnie aérienne où a travaillé ma génitrice. Le jour où je l'ai quittée, elle travaillait toujours dans cette société grâce à quoi je me suis envoyé en l'air très régulièrement, sans connaître ma chance. Mais je l'ai vécue cette chance, c'est la raison sûrement pour laquelle je m'en suis pas rendu compte. 14. L'appartement tiré du contexte urbain, occupe un des quatre angles de la tour. Le côté de l'entrée correspond au côté de l'avenue,. Le côté des chambres correspond au côté du parking et de l'accès à la tour. Le côté du séjour donne sur le maillage pavillonnaire et enfin le côté aveugle de la cuisine est mitoyen de l'autre appartement qui donne sur d'autres barres de la cité. Voilà j'en ai fait le tour. 8. J'ouvrais les yeux sur un espace cube dans lequel je tournais en rond en vivant. C'est la particularité de certains appartements. Certains sont même dits traversant. C'est donc dire que tu peux traverser ta vie là en vivant. 15. J'avais donc grandi là, comme en un cube : d'un côté l'entrée vers ma naissance, de l'autre mon enfance et adolescence dans un univers semi protégé côté chambres, de l'autre ma vie de semi-adulte, en pleine lumière de séjour, et enfin côté cuisine et retour vers l'entrée, ma petite ou grande mort aveugle. 2. Actuellement il y a plus de 3000 tués en France par an, par un accident de la route. Les plus touchés sont les usagers vulnérables, les piétons en premiers de liste, 2 sur 3 tués en milieu urbain, la majorité tués d'une collision mortelle avec un véhicule. 9. Le jour du déménagement c'est comme une mort. Tu te dis que tu reviendras jamais plus là. ça te fait apprécier d'un coup le moment présent. Un peu comme en un accident. Photo sans appareil photo. 16. Si je m'attache à ce moment c'est que c'est un moment clé pour s'arrêter et porter un regard sur les dimensions du corps qui est le mien qui a habité cet appartement dans cette cité. Commençons en un, par tous les orifices, véritables entrées du corps physique, et symboles pour le moins parlants; ensuite en deux, ce qui a trait à la croissance pendant les phases critiques de l'enfance et de l'adolescence; en trois, les accidents, transformations et maladies du corps, les expériences extra-sensorielles s'il en existe; et enfin en quatre, les orifices par lesquels le corps expulse, extrait, éjecte, avec associés les sentiments de perte, de vieillissement, et bien entendu de mort.



Posté le: 27/05/2015, 14:27 :
julien a écrit:
Je trouve ça très bon et très moderne. L'aspect oulipien qui caractérise tes posts marche vraiment bien dans celui-ci. Ce mélange propose un nouvel ordre assez proustien dans l'idée, celui de l'introspection et de la remémoration. J'aime aussi le mélange faits personnels / faits d'ordre général ou statistique. Pressé d'en lire davantage.





Posté le: 28/05/2015, 08:50 :
seyne a écrit:
oui, j'aime beaucoup aussi. Il y a une étonnante cohérence de l'ensemble derrière l'apparente dispersion. Ca accroche la pensée, renvoie à soi-même, aux espaces et à l'histoire qu'on a vécue.







Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:40    Sujet du message: les paumes brûlées

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    ... Index du Forum -> ECRITURE, etc. (C'est l'endroit où poster vos textes, mais aussi vos images, sons, vidéos, etc. ; c'est aussi l'endroit où les commenter) -> Salon général Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com