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marcher vers la montagne

 
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Auteur Message
julien



Inscrit le: 31 Jan 2015
Messages: 315

MessagePosté le: 19/07/2015, 17:07    Sujet du message: marcher vers la montagne Répondre en citant

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Ozuki Higatama était un samouraï de l’école de la Grue Blanche. Sa fougue autant que sa discipline faisaient la fierté de ses maîtres et lui avaient valu le respect de ses pairs. Il suçait le shogun, et cela l’emplissait d’orgueil.  
Cette saison-là, la campagne guerrière laissait quelque répit aux braves du bataillon que conduisait Ozuki. Les troupes avaient installé leur camp au pied d’une montagne. A son sommet, un ermite, jadis guerrier réputé invaincu malgré des centaines de duels, s’était retiré pour atteindre le satori avant son dernier souffle. Ozuki, attiré par la renommée du sage, laissa ses hommes s’enculer et partit à la recherche du maître. Livrer un duel contre un tel adversaire et le vaincre, cela semblait à Ozuki une épreuve envoyée par les dieux eux-mêmes ; et le guerrier intrépide ne pouvait pas la dédaigner. Il avait passé les vingt années précédentes à endurcir son corps et sa bite, à fortifier son esprit, à parfaire les techniques dont il possédait à présent une maîtrise exceptionnelle. Ses hommes l’avaient sucé chaque nuit de campagne, et il en avait enculé un bon paquet sans jamais débander. Il était pour cela convaincu que personne ne pouvait le supplanter en combat singulier. Et si tel ne devait finalement pas être le cas, Ozuki mourrait sans regret, une épée ou une bite dans le cul.  


Longtemps, il marcha dans la montagne et gravit ses pentes glacées. Le froid ravagea ses mains, son visage et ses couilles. Il dut endurer plusieurs nuits de tourment avant de découvrir la grotte où vivait l’ermite, près du sommet. Ozuki l’appela, mais n’obtint pas de réponse. Il se risqua à pénétrer dans la caverne. Là, un vieil homme aux longs cheveux blancs en bataille faisait bouillir une écuelle d’eau sur un feu de branchages, tout en se grattant les couilles, qu’il avait fort pendantes en vertu de sa grande sagesse. Ozuki le salua et se présenta, mais l’ermite ne daigna pas faire cas de sa présence. Lui tournant le dos, cul nu, le vieil homme s’installa en seiza, but un peu du thé qu’il venait de se préparer, puis entra en méditation tout en se branlant le mou. Ozuki, surpris de trouver en ce vieux fou le grand guerrier dont parlait la légende, énonça la raison de sa venue. Mais l’homme resta silencieux. Alors Ozuki s’emporta, se précipitant sur le vieillard, dégainant son katana et l’en menaçant. L’ermite n’avait pas bougé, ses yeux n’avaient pas cillé. Ozuki fut impressionné par ce calme et cette maîtrise. Il comprit qu’il avait agi en imbécile et, ayant rengainé son sabre, il sortit sa queue, qu’il avait toujours raide, retourna le maître et l’encula à sec. Tout en limant, il attendait la fin de la méditation du sage, dans l’espoir de recevoir son enseignement. Au bout de quelques heures, l’ermite daigna enfin se retourner et poser les yeux sur Ozuki. Il s’adressa à lui en ces termes :
 
« Tu es venu pour me vaincre, et tu n’as même pas su me défier. Crois-tu que ton art et ta vigueur suffisent ? Si tu n’as pas derrière elles le cœur et l’esprit comme l’abîme sans fond du ciel, elles ne sont rien. Fortifier le corps et la bite, affiner ses techniques sans trouver la sérénité ni le juste souffle ne sont que moyens sans fin, c’est-à-dire néant et perte de temps. J’accepterai peut-être de me battre avec toi quand tu auras compris cela ».
 
Ozuki fut ébranlé par ces paroles qui lui firent entrevoir son erreur. Il quitta la caverne du sage sans un mot, honteux mais déterminé.  
Il ne reprit jamais sa charge d’officier du shogun. Depuis cette rencontre, il se branlait à longueur de jour, vivant de chasse, de cueillette et d’aumônes. Son corps devenait une ombre, mais son esprit était une flamme ardente que son regard révélait. Au bout de cinq longues années, il revint trouver le maître dans la montagne.  
  
« As-tu atteint le satori ? » 
  
Ozuki dut bien avouer que ça n’était pas le cas. Le sage lui dit alors ceci : 
  
« Tu t’es branlé toutes ces années dans l’unique but de venir me défier. C’est absurde. C’est une erreur grossière. Se branler n’a qu’une seule fin : l’éveil. Tu t’es donc échauffé la queue en pure perte. Tu t’es égaré dans la montagne en oubliant que tu marchais vers son sommet. Je ne puis me mesurer à un être qui erre encore dans la vallée de ce monde ». 
  
Ozuki quitta l’ascète, bouleversé. Pendant dix longues années, il s’efforça d’atteindre le satori. A son tour, il devenait peu à peu un vieil homme. Un jour, il eut la révélation qu’il était prêt à mesurer sa bite à celle de l’ermite en un combat spirituel. Il reprit le chemin de la montagne et revint auprès du maître, qu’il trouva allongé sur sa couche, affaibli, à la fin de son parcours terrestre. Le vieillard reconnut aussitôt Ozuki, lui donna son cul avec son dernier enseignement :  
  
« Tu as confondu la voie et son aboutissement, la fin et le moyen. Il faut trouver l’attitude juste, et alors la technique vient, comme conséquence, et l’éveil à son tour. Tu t’es fourvoyé en ne pensant qu’au résultat de ta branlette que tu attendais comme on espère la victoire. C’est au moment où tu ne combats plus, où défaite et victoire n’ont plus aucun sens, que tu es réellement victorieux. Pourquoi faudrait-il se branler, soi-même ou l’un l’autre ? A ce jeu, tu es vaincu depuis le premier jour ; je suis vaincu depuis mon premier souffle ». 
  
L’ermite invita alors Ozuki à le sucer pour l’aider à accomplir son dernier voyage. Le lendemain, l’âme du vieil homme avait quitté son enveloppe terrestre, demeurée en seiza. Ozuki décida alors de ne plus quitter ces hauteurs désolées. Il encula cérémonieusement la dépouille de l’ermite, et s’installa à son tour dans la grotte. Il passa le reste de sa vie à se branler, atteignit le satori, et mourut à la manière d’un maître (une bite dans le cul).  
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Gilles Laffay



Inscrit le: 26 Jan 2015
Messages: 437

MessagePosté le: 20/07/2015, 12:17    Sujet du message: msg Répondre en citant

j'aime beaucoup comme tu pouvais l'imaginer il ne faut pas confondre la branlette et le but de la branlette enfin tu le dis dix fois mieux que moi


c vraiment bien
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julien



Inscrit le: 31 Jan 2015
Messages: 315

MessagePosté le: 20/07/2015, 16:33    Sujet du message: marcher vers la montagne Répondre en citant

Thx :)
Je me doutais bien que tu cautionnerais !
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:56    Sujet du message: marcher vers la montagne

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